La clause résolutoire constitue un mécanisme central du droit locatif, capable d’entraîner la résiliation du bail de plein droit lorsque le locataire manque à ses engagements contractuels. Outil redouté des bailleurs et scruté par les juges, elle soulève des questions d’équilibre entre protection du logement et sauvegarde du patrimoine privé. Le contexte 2025, marqué par une tension immobilière persistante dans les zones urbaines comme Marseille ou Lyon, renforce l’intérêt pour les dispositifs préventifs et les procédures encadrées.
Ce dossier aborde le rôle et le fonctionnement clause dans un bail, en s’appuyant sur la loi du 6 juillet 1989, la jurisprudence récente et des exemples pratiques d’application. Un fil conducteur (Marie, investisseuse locative dans la métropole marseillaise) illustre les choix stratégiques d’un bailleur confronté à un défaut de paiement et permet d’exposer les alternatives à l’expulsion.
En bref :
- 🔍 Clause résolutoire : mécanisme de rupture automatique en cas de manquement grave.
- ⚖️ Formalisme strict : commandement d’huissier et délais de régularisation.
- 📉 Impact pour le locataire : risque d’expulsion mais possibilité de contestation et délais accordés par le juge.
- 🛡️ Pour le bailleur : outil de recouvrement des loyers mais procédure complexe et encadrée par le droit immobilier.
- 💡 Alternatives recommandées : médiation, Fonds de solidarité pour le logement, échéancier.
Clause résolutoire : définition, cadre légal et portée dans le bail
La notion de clause résolutoire trouve sa source dans les conventions contractuelles et est encadrée par le droit positif pour limiter les abus. Dans le contexte d’un bail d’habitation, l’article issu de la loi du 6 juillet 1989 encadre strictement son usage : la clause doit être prévue explicitement dans le contrat et ne viser que des cas limitativement énumérés, notamment le défaut de paiement, le non-respect des obligations locatives et le défaut d’assurance.
Techniquement, la clause prévoit que le contrat de location cesse « de plein droit » lorsque les conditions se réalisent, sans qu’une condamnation judiciaire préalable soit nécessaire pour constater la résiliation. Néanmoins, la mise en œuvre requiert un formalisme rigoureux — ce qui limite son caractère véritablement automatique et protège le droit au logement.
Cas d’application et limites légales
Les situations habituellement visées sont : le non-paiement du loyer et des charges, l’absence d’assurance, et l’usage des lieux à des fins non conformes. La clause ne peut s’appliquer à des événements non prévus ni être rédigée de façon trop vague. La jurisprudence récente en 2023-2024 a rappelé l’obligation de précision et la nécessité de ne pas transformer la clause en instrument de pression systématique.
- 📌 Cas admis : non-paiement, défaut d’assurance, troubles de jouissance graves.
- 🚫 Cas interdits : clauses imprécises ou visant des manquements mineurs non prévus par la loi.
- ⚠️ Mesure de protection : reproduction impérative de l’article de loi dans le commandement.
| Élément clé 📝 | Portée ⚖️ |
|---|---|
| Mention dans le bail ✅ | Doit être expresse et non ambiguë 🛡️ |
| Cas visés 📚 | Non-paiement, défaut d’assurance, usages illicites 🔒 |
| Effet ⏳ | Résiliation de plein droit après conditions respectées ⚠️ |
Exemple concret : Marie, propriétaire d’un T2 dans le 6e arrondissement de Marseille, insère une clause qui cible explicitement le non-paiement et le défaut d’assurance. Cette rédaction permet d’éviter un litige sur la validité de la clause si un commandement est ultérieurement délivré.
Insight final : une rédaction précise et conforme au cadre légal est la première barrière pour que la clause résolutoire produise ses effets sans être annulée.
Mise en œuvre de la clause résolutoire : procédure, formalités et étapes
Activer une clause résolutoire ne se fait pas par simple volonté du bailleur ; la procédure est strictement encadrée. La première étape indispensable est l’envoi d’un commandement délivré par acte d’huissier, mentionnant le délai de régularisation et reproduisant l’article pertinent de la loi. Sans ce formalisme, la procédure est frappée de nullité.
Le délai habituel laissé au locataire est d’un mois pour les impayés, tandis que le défaut d’assurance bénéficie d’un délai de deux mois. Si le locataire règle la dette dans le délai, la clause ne s’acquiert pas. En revanche, en l’absence de régularisation, la clause devient « acquise » et la résiliation du contrat est réputée intervenue de plein droit.
Étapes pratiques pour le bailleur
Les étapes opérationnelles comprennent :
- ✉️ Constitution d’un dossier (baux, relevés de loyers, échanges écrits) pour l’huissier.
- 📜 Commandement d’huissier reproduisant l’article 24 de la loi de 1989.
- ⏳ Respect des délais (1 mois/2 mois selon le cas).
- ⚖️ Si la clause est acquise, saisine du juge pour obtenir l’expulsion si nécessaire.
| Étape 🔁 | Délai / remarque ⏱️ |
|---|---|
| Envoi du commandement | Par huissier, reproduit article 24 📩 |
| Délai de régularisation | 1 mois (impayés) / 2 mois (assurance) 🕒 |
| Acquisition de la clause | Si non-régularisation → résiliation de plein droit ⚠️ |
Cas pratique : à Lyon, un bailleur utilise la clause après trois mois d’impayés. Après commandement, le locataire propose un échéancier. La saisine du juge aboutit à un accord d’apurement des dettes, ce qui suspend l’exécution de la clause. Cet exemple illustre la nécessité d’envisager la médiation.
Insight final : l’efficacité de la procédure dépend autant de la rigueur documentaire que de l’anticipation des solutions amiables.
Effets juridiques de l’acquisition de la clause résolutoire et conséquences pratiques
Lorsque la clause résolutoire est acquise, le bail est en principe « résilié de plein droit » et le locataire devient occupant sans droit ni titre. Les loyers deviennent exigibles immédiatement et le bailleur retrouve théoriquement la libre disposition de son bien. Cependant, l’obtention effective de la restitution des lieux passe souvent par une décision judiciaire d’expulsion.
Le juge conserve un pouvoir d’appréciation conséquent : il peut accorder des délais de paiement, suspendre l’exécution de la clause ou prononcer des mesures adaptées en tenant compte de la situation sociale du locataire. Des arrêts récents autorisent même des délais étendus, jusqu’à plusieurs années d’échéancier, lorsqu’il y a bonne foi et perspectives de régularisation.
Conséquences financières et patrimoniales
Pour le bailleur, les conséquences incluent la possibilité d’obtenir les loyers dus, les frais de procédure et, le cas échéant, une accélération du recouvrement. Pour le locataire, l’acquisition de la clause entraîne des risques d’expulsion, une inscription possible dans des fichiers d’impayés et de grandes difficultés à trouver un nouveau logement.
- 💶 Loyers exigibles immédiatement et possibilité de créances à recouvrer.
- 🏠 Risque d’expulsion nécessitant une décision judiciaire pour exécution.
- 🛂 Impact social : difficultés de relogement, recours aux dispositifs sociaux.
| Effet 🔍 | Conséquence pratique 📌 |
|---|---|
| Résiliation de plein droit | Fin automatique du bail mais expulsion soumise au juge ⚖️ |
| Exigibilité des loyers | Créances immédiatement recouvrables 💰 |
| Pouvoir du juge | Suspendre ou aménager l’exécution, accorder délais 🧾 |
Exemple : à Nice, un bailleur obtient l’acquisition de la clause pour un locataire en situation d’impayé. Le juge, saisi, propose un échéancier de 24 mois. L’accompagnement par la CCAPEX et le recours au Fonds de solidarité permettent d’éviter une expulsion.
Insight final : l’acquisition de la clause n’est pas synonyme d’expulsion automatique ; la voie judiciaire constitue une étape déterminante.

Contestation, suspension et jurisprudence récente sur la clause résolutoire
Le locataire dispose de plusieurs voies pour contester la mise en œuvre d’une clause résolutoire. La contestation porte souvent sur la validité de la clause (rédaction, absence de mention légale) ou sur des vices de procédure (commandement irrégulier). Au fond, le juge peut aussi être saisi pour accorder des délais de paiement ou suspendre l’effet de la clause si la situation sociale du locataire l’exige.
La jurisprudence des dernières années montre une orientation protectrice lorsque le locataire démontre des perspectives de régularisation ou une situation de détresse. Les tribunaux prennent en compte les dispositifs publics disponibles (FSL, aides locales) et la possibilité d’un plan d’apurement.
Moyens de défense et recours possibles
- 🛡️ Contester la validité de la clause pour vice de forme.
- 📅 Demander au juge des délais de paiement permettant la régularisation.
- 🏛️ Saisir la CCAPEX pour obtenir une suspension de la procédure.
| Moyen de contestation ⚖️ | Effet possible 🔁 |
|---|---|
| Vice formel du commandement | Annulation de la procédure ❌ |
| Preuve de bonne foi | Délais accordés par le juge 🟢 |
| Saisine CCAPEX | Suspension des expulsions et médiation 🧑⚖️ |
Cas pratique : un locataire de Bordeaux conteste un commandement qui ne reproduisait pas intégralement l’article de loi. Le tribunal annule la procédure, obligeant le bailleur à recommencer la procédure correctement. Ce cas illustre l’importance de la rigueur formelle.
Insight final : la contestation repose souvent sur des détails procéduraux ; la prudence documentaire est le meilleur rempart pour le bailleur.
Prévention des impayés, alternatives à la clause résolutoire et recommandations
La meilleure stratégie pour un bailleur n’est pas de compter uniquement sur la clause résolutoire, mais d’instaurer un dispositif de prévention des impayés. Cela inclut la sélection rigoureuse des locataires, la vérification des garanties (caution, garantie Visale), l’assurance loyers impayés, et la mise en place d’un suivi administratif proactif.
Des solutions amiables existent et sont souvent plus rapides et moins coûteuses que la procédure judiciaire : négociation d’un échéancier, médiation locative, recours au Fonds de solidarité pour le logement et utilisation de dispositifs locaux d’accompagnement. Ces démarches limitent la vacance locative et préservent la valeur patrimoniale du bien.
Checklist de prévention et actions concrètes
- ✅ Vérifier les pièces justificatives et le ratio de solvabilité (loyer ≤ 30-35% des revenus).
- ✅ Proposer une garantie (caution bancaire, assurance GLI) pour sécuriser le contrat de location.
- ✅ Mettre en place un suivi des paiements mensuel et des relances progressives.
- ✅ Favoriser la médiation avant tout commandement d’huissier.
| Action préventive 🛠️ | Impact attendu 📈 |
|---|---|
| Vérification solvabilité | Réduction du risque d’impayé ✅ |
| GLI / Garantie | Sécurisation des loyers 🔐 |
| Médiation | Regulation amiable évitant procédure ⚖️ |
Exemple : Marie, investisseuse à Marseille, privilégie la GLI et propose un suivi personnalisé aux locataires fragiles. Lors d’un incident de paiement, la médiation menée avec la CCAPEX et le recours au FSL évitent le commandement et un long contentieux.
Insight final : anticiper et sécuriser les flux locatifs réduit drastiquement le recours à la clause résolutoire et préserve la relation bailleur-locataire.
Synthèse : recommandations pratiques et perspectives pour le bailleur
La clause résolutoire demeure un instrument juridique puissant mais encadré. Son efficacité dépend d’une rédaction précise, d’un respect scrupuleux des formalités et d’une stratégie de gestion locative intégrant prévention et médiation. Les bailleurs gagnent à combiner garanties contractuelles (GLI, caution) et dispositifs publics (FSL, CCAPEX) pour limiter le recours aux procédures contentieuses.
En perspective, l’évolution jurisprudentielle et les politiques locales en faveur du maintien dans le logement incitent à privilégier les solutions amiables. Les propriétaires doivent donc mettre en place des process documentés, anticiper les situations de fragilité et s’entourer de conseils juridiques lorsque la procédure est engagée. Cette posture protège l’investissement tout en respectant le droit au logement.
Recommandations opérationnelles :
- 🧾 Rédiger la clause de façon claire et conforme à la loi.
- 📂 Constituer un dossier complet avant toute démarche judiciaire.
- 🤝 Favoriser la médiation et le recours aux aides locales avant le commandement.
| Objectif 🎯 | Action recommandée ✅ |
|---|---|
| Prévenir les impayés | Solvabilité + garanties + suivi mensuel 🛡️ |
| Limiter les contentieux | Médiation + FSL + CCAPEX 🕊️ |
| Agir efficacement | Respect strict du formalisme (commandement) 📜 |
Insight final : la maîtrise juridique et la gestion humaine sont complémentaires ; elles constituent les deux piliers d’une stratégie locative durable.
Qu’est-ce que la clause résolutoire dans un bail ?
La clause résolutoire est une clause inscrite dans le contrat de location permettant la résiliation de plein droit du bail en cas de manquement grave du locataire (non-paiement, défaut d’assurance, usages illicites). Elle nécessite un formalisme précis pour être valide.
Quelles sont les formalités pour la mettre en œuvre ?
Le bailleur doit faire délivrer un commandement par huissier reproduisant la disposition légale et respectant les délais de régularisation (1 mois pour impayés, 2 mois pour défaut d’assurance). En l’absence de régularisation, la clause s’acquiert.
Le locataire peut-il contester la clause résolutoire ?
Oui. Le locataire peut contester la validité de la clause ou de la procédure, demander des délais de paiement au juge, ou saisir la CCAPEX. La jurisprudence laisse une marge d’appréciation au juge pour protéger le droit au logement.
Quelles alternatives éviteront l’expulsion ?
La médiation locative, l’établissement d’un échéancier, le recours au Fonds de solidarité pour le logement (FSL) et la négociation d’un apurement de la dette sont des alternatives efficaces pour éviter la procédure d’expulsion.
Bonjour ! Je suis Sophie Martel, agent immobilier indépendant basée en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Depuis 8 ans, j’aide mes clients à concrétiser leurs projets immobiliers, que ce soit pour acheter leur première maison, vendre un bien ou investir.