La gestion d’un départ volontaire influence souvent bien plus que le seul parcours professionnel : elle peut peser sur la capacité d’emprunt, la disponibilité pour signer un compromis, ou encore sur la continuité d’un projet d’investissement locatif. Dès lors, la durée préavis constitue une donnée opérationnelle à anticiper pour sécuriser une transaction immobilière ou une relance patrimoniale. Le contexte réglementaire national et les pratiques de branche déterminent fréquemment le calendrier, mais des écarts existent selon les conventions collectives, les usages locaux et les clauses contractuelles.
Ce dossier explicite les règles applicables à la démission en CDI, les principes du code du travail pertinents, et propose une méthode claire de calcul préavis applicable au quotidien. Des exemples concrets, un tableau comparatif, une liste d’actions recommandées et une FAQ clôturent l’analyse pour faciliter la prise de décision avant la rupture contrat.
En bref
- 🔎 Durée préavis non fixée par le Code : se référer à convention, contrat, usages.
- 📅 Calcul à date à date : le temps commence à la notification, règle du mois civil.
- ✉️ Formaliser la démission par écrit pour sécuriser la preuve et éviter les litiges.
- ⚖️ Dispense possible par l’employeur ; suspension en cas d’accident du travail ou congés.
- 🏠 Anticiper l’impact sur projet immobilier : capacité d’emprunt, signature, garanties.
Durée préavis démission en CDI : cadre légal et sources applicables
Le réglementation préavis autour de la démission en CDI n’établit pas une durée uniforme imposée par la loi. En pratique, la durée du préavis résulte d’une hiérarchie normative : contrat de travail, convention collective, usages de la profession, puis pratiques locales. Le code du travail fixe des principes (liberté de démission, absence d’autorisation préalable) mais délègue fréquemment le détail aux accords de branche.
Dans les secteurs immobiliers et commerciaux, des conventions collectives définissent souvent des durées variables selon la catégorie professionnelle : employés non cadres, agents de maîtrise et cadres ont des repères différents. Par exemple, certaines conventions prévoient un préavis d’un mois pour moins de trois ans d’ancienneté et deux mois au-delà, alors que d’autres branches appliquent des durées fixées en jours ouvrés ou en semaines.
Les usages locaux peuvent également constituer une référence en l’absence de clause explicite. Une agence immobilière en région PACA, qui embauche majoritairement des commerciaux, pourra appliquer un usage local validé par la jurisprudence. En cas de doute, il est conseillé de consulter les textes applicables (convention collective, contrat) et, le cas échéant, la représentation syndicale ou un conseiller juridique.
Cas de droit : si ni contrat, ni convention, ni usage n’imposent de durée, le juge peut retenir la durée raisonnable en regard de la catégorie professionnelle. Pour les investisseurs ou professionnels de l’immobilier qui planifient une transaction, il est stratégique de vérifier cette durée en amont, car un départ anticipé ou une dispense du préavis peut accélérer ou retarder une signature notariale.
Insight final : vérifier la source normative applicable au préalable évite des reports de projet coûteux et sécurise la planification des opérations immobilières.

Comment faire le calcul préavis : méthode pratique et exemples concrets
Le calcul préavis s’effectue « date à date » : le point de départ est la notification explicite de la démission et la fin est la date initialement prévue par la durée contractuelle ou conventionnelle. Le calcul ne tient pas compte du nombre de jours du mois mais additionne les mois civils ou les semaines stipulées. Cette logique est essentielle pour coordonner un départ avec une échéance notariale ou la remise de clés dans une location.
Méthode en étapes
1) Identifier la référence applicable : contrat, convention, usage.
2) Repérer la durée prévue (ex. 1 mois, 2 mois) et choisir la règle de calcul (mois calendaires, semaines, jours ouvrables).
3) Compter du jour de notification jusqu’à la date équivalente ; arrondir selon les règles de la convention.
Exemples pratiques
Exemple A : salarié notifie sa démission le 10 mars pour un préavis d’un mois. Le préavis court du 10 mars au 10 avril inclus. Si un rendez-vous de signature d’un compromis est fixé le 5 avril, il faudra négocier une dispense ou anticiper.
Exemple B : un cadre soumis à un préavis de deux mois notifie le 28 novembre ; la fin tombe le 28 janvier, même si décembre compte 31 jours.
| 📌 Situation | 🗓️ Durée type | 📅 Calcul |
|---|---|---|
| Employé non cadre, ancienneté ≤ 3 ans | 🟢 1 mois | Début dès notification → fin à la même date le mois suivant |
| Cadre, ancienneté > 3 ans | 🔵 2 mois | Comptage « date à date », interruption possible par congés |
| Convention sans précision | 🟡 Usage local | Se référer au règlement interne ou à la pratique professionnelle |
Astuce terrain : documenter la notification (recommandé AR ou remise en main propre contre signature) permet de sécuriser la date de départ face à un calendrier immobilier serré.
Cas particuliers et dispenses : réduire ou suspendre le temps de préavis
La temps de préavis peut être modulé par des accords entre les parties. L’employeur a la possibilité d’accepter une dispense totale ou partielle du préavis, souvent consentie quand le salarié a trouvé un nouvel emploi ou lorsqu’un départ rapide est dans l’intérêt mutuel. Cette dispense doit idéalement être formalisée par écrit pour éviter des contestations ultérieures.
Des situations entraînent la suspension automatique du préavis : arrêt maladie, accident du travail ou congés payés déjà programmés. Par exemple, si un salarié est en congé au moment de la notification, la fin du congé est considérée comme le début effectif du préavis. En cas d’accident du travail, la suspension du préavis protège le salarié et reporte la date de fin.
La démission n’est pas subordonnée à l’accord de l’employeur. Pourtant, l’exercice du droit de démission implique le respect des obligations salarié pendant la période de préavis sauf dispense. Le non-respect peut entraîner des retenues sur salaire ou des actions en responsabilité, notamment si l’employé abandonne son poste sans notification claire — l’abandon de poste pouvant être requalifié en démission après une procédure.
Cas pratique : une consultante en gestion locative, ayant trouvé une mission longue durée chez un promoteur, obtient une dispense écrite signée. Elle s’assure ainsi de pouvoir commencer la nouvelle mission sans délai et sans impact sur sa capacité d’emprunt pour une acquisition en copropriété.
Insight final : négocier une dispense écrite est souvent la meilleure solution pour aligner calendrier professionnel et calendrier immobilier.
Formalités et bonnes pratiques : annoncer la démission et respecter la procédure
La notification peut être verbale, mais il est recommandé d’écrire. Une lettre remise en main propre contre signature ou une lettre recommandée avec accusé de réception sécurise la date officielle de début du préavis et constitue une preuve en cas de contentieux. Une formulation claire — mentionnant la volonté irrévocable de démissionner — évite tout doute sur la nature de l’acte.
Étapes pratiques à suivre :
- ✉️ Rédiger une lettre simple mais explicite, en précisant la date de notification.
- 📸 Conserver une copie et la preuve de remise (accusé de réception, signature).
- 🤝 Négocier la dispense si nécessaire et formaliser par écrit.
- 📆 Informer le service RH et organiser la passation des dossiers.
Du point de vue immobilier, la formalisation influence la capacité d’emprunt et la confiance d’un notaire ou d’un vendeur. Un compromis signé alors que le salarié est en période d’essai ou sans preuve d’une démission officielle peut compliquer l’obtention d’un prêt. Les banques examinent la stabilité professionnelle : une démission récente peut accroître le taux de risque et modifier l’évaluation du dossier.
Conseil opérationnel : prévenir le gestionnaire de patrimoine ou le courtier dès la notification pour calibrer l’offre de prêt et éviter une interruption de financement au moment de l’acte authentique.
Conséquences pour la gestion patrimoniale et projets immobiliers
La fin de contrat influe directement sur la santé financière d’un foyer et, par extension, sur les choix immobiliers. Un changement d’emploi ou une période de préavis impacte le taux d’effort, le niveau d’apport et la capacité à couvrir des mensualités. Les banques examinent l’historique professionnel : une démission peut être mieux perçue si accompagnée d’un contrat ferme signé ailleurs.
Exemple fil conducteur : Claire, investisseuse à Aix-en-Provence, prévoyait d’acheter un T2 pour défiscaliser via le dispositif Pinel. Après notification de sa démission et négociation d’une dispense écrite, son courtier a pu recalculer le taux d’endettement et sécuriser l’offre de prêt. La coordination entre notification et obtention du financement a permis de respecter le calendrier du promoteur.
Pour les bailleurs et gestionnaires locatifs, anticiper un départ de salarié est essentiel pour réduire la vacance locative et planifier des travaux de valorisation (home staging, DPE, diagnostic). La planification du préavis conditionne la date de remise des clés, la publication des annonces et la programmation des visites. Des simulations financières (rendement locatif brut/net, taux de vacance) doivent être recalculées si la période de préavis est modifiée.
Insight final : intégrer la variable « préavis » dans la feuille de route d’un projet immobilier évite des surcoûts et des délais inattendus.
Synthèse : vérifier la durée préavis et anticiper la rupture contrat
La durée préavis en cas de démission en CDI repose principalement sur la convention collective, le contrat et les usages. Le code du travail structure les principes mais laisse la précision au niveau conventionnel. Pour sécuriser un projet immobilier, il est indispensable de formaliser la notification, de recenser la référence applicable et, si besoin, de négocier une dispense écrite.
Recommandation pratique : avant toute démarche liée à un bien (compromis, prêt, travaux), informez le courtier et le notaire de la situation professionnelle. Un calcul préavis documenté, une preuve de notification et une négociation anticipée avec l’employeur facilitent la synchronisation des calendriers. Ainsi, le risque de décalage entre emploi et projet immobilier est minimisé.
Quelle est la durée légale du préavis en cas de démission en CDI ?
Il n’existe pas de durée légale nationale. La durée est définie par le contrat de travail, la convention collective ou, à défaut, par l’usage de la profession. Le code du travail fixe le principe mais pas la durée.
Peut-on être dispensé du préavis ?
Oui, l’employeur peut accepter de dispenser totalement ou partiellement le salarié. Cette dispense doit être idéalement formalisée par écrit. En cas d’accord, il n’y a pas de retenue salariale liée au préavis non effectué.
Comment formaliser la démission pour sécuriser la date ?
Il est conseillé d’envoyer une lettre de démission remise en main propre contre signature ou en recommandé avec accusé de réception. Conserver la preuve évite les litiges relatifs au début du préavis.
Le préavis est-il suspendu en cas d’arrêt maladie ?
Oui, un arrêt maladie ou un accident du travail suspend le préavis ; la période non effectuée est reportée à la reprise, sauf accord contraire.
Bonjour ! Je suis Sophie Martel, agent immobilier indépendant basée en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Depuis 8 ans, j’aide mes clients à concrétiser leurs projets immobiliers, que ce soit pour acheter leur première maison, vendre un bien ou investir.